PSG : Un cap à franchir

Défait 2-1 à Strasbourg puis 3-1 trois jours plus tard à Munich, le PSG a enchainé, pour la première fois depuis décembre 2014, deux défaites. Auteurs d’un début de saison presque parfait (21 matchs pour 19 victoires et 2 nuls), les hommes d’Unai Emery sont redescendus sur terre suite à ces deux matchs. La France du Football s’est affolée, ce PSG hyper dominateur est (enfin) tombé, et tout le monde y est passé, le coach et les joueurs.  Après des prestations toutes plus impressionnantes les unes que les autres, notamment en Champion’s League, les limites de cette équipe sont enfin apparues. Cependant, il semble qu’une analepse aurait donné des indications. En effet, les défaites d’Unai Emery à la tête du PSG ne sont pas nombreuses : en 2016-2017 à Monaco, à Toulouse, à Montpellier, à Guingamp, à Barcelone et à Nice. En ajoutant celles de cette saison, toutes les défaites ont un point commun : elles sont survenues à l’extérieur. Évidemment, ce n’est pas la seule raison pouvant expliquer les revers. Mais ce qui en ressort, c’est la stagnation. Le PSG ne gagne pas les matchs qu’il perdait la saison dernière. Comme si la vie du club était un éternel recommencement.

Les supporters du PSG galvanisent leur équipe

Loin du repère

Comme relevé plus haut, toutes les défaites du PSG made in Emery sont intervenues à l’extérieur. Cette saison, au Parc, c’est 12 matchs, 12 victoires et 46 buts marqués. En d’autres termes, les Princes sont souverains au Parc. Rarement mis en difficulté par l’adversaire (mis à part contre Lyon et en début de saison contre le TFC, jusqu’à l’expulsion de Verratti), les Parisiens ont souvent offert à leurs supporters des prestations abouties, convaincantes et ponctuées par des rafales de buts. Face au Bayern, on a vu une équipe se regrouper dans sa moitié de terrain après avoir rapidement marqué. Les Parisiens se sont positionnés en bloc compact, bas, qui a su subir les vagues Munichoises sans jamais craquer et qui a su jaillir dès que l’occasion s’est présentée. Après le match contre le Bayern, certains ont eu peur que l’équipe soit coupée en deux, avec sept joueurs défendant la cage d’Areola et les trois phénomènes de devant qui s’occupent de marquer des buts. Pourtant, 3 jours plus tard, toujours au Parc, les Parisiens livrent une des prestations les plus aboutis de leur saison. L’équipe propose un match cohérent sur le plan collectif : les attaquants défendent, et, en phase offensive, ils sont accompagnés par les latéraux et les milieux de terrain. C’est aussi lors de ce match qu’Emery titularise Draxler en position de numéro 8. L’allemand intègre parfaitement le milieu à 3, défend, intercepte et propose des solutions offensives.

 

Après ces deux matchs, on a oublié que le PSG avait (seulement) fait match nul à la Mosson, contre Montpellier, juste avant le choc contre le Bayern. Sans Neymar, les Parisiens manquent d’inspiration pour bousculer la solide défense à 5 du MHSC. Les interrogations ont commencé à fuser mais les matchs contre le Bayern et Bordeaux ont fait oublier cette prestation insipide. Et c’est peut-être à cause de cela qu’on a oublié que cette équipe n’était pas invincible. A Montpellier et à Marseille, à Strasbourg et à Munich et, plus généralement, à chaque fois que le PSG a perdu sous l’ère Emery, les Parisiens ont été sortis de leur zone de confort. C’est-à-dire qu’ils étaient loin de leur habitat naturel, le Parc. Il est beaucoup plus difficile de jouer face à une foule hostile qui pousse son équipe à faire tomber le club de la capitale armé de son armada de stars, plutôt que devant son public, totalement acquis à sa cause. Alors certes, les supporters adverses peuvent impacter psychologiquement, mais ce ne sont pas eux qui sont sur le terrain. En ce qui concerne le jeu, le PSG est en difficulté lorsqu’une équipe décide d’aller les chercher haut et de mettre sous pression les premières relances. On le sait, le gardien et les défenseurs jouent systématiquement court. Et il est toujours plus difficile de poser son jeu lorsque le pressing est intense et que les porteurs de solutions (notamment les milieux de terrain) sont agressés. Bien qu’ils soient d’un niveau technique élevé, les premiers relanceurs du PSG (les centraux et le 6 + Verratti) n’aiment pas être dérangés. Face à Luiz Gustavo-Zambo Anguissa ou Tolisso-Vidal, les 3 milieux Parisiens ont été mis en difficulté par l’impact physique imposé par leur adversaire. Contre l’OM, c’est toute l’équipe qui est passée au travers, soit en voulant jouer trop individuellement, soit par manque d’implication, d’intensité ou d’agressivité. A Marseille, c’est aussi le manque de cohérence collective qui a fait défaut. On a vu au Vélodrome une équipe Parisienne coupée en deux qui n’a pas su répondre à l’intensité imposée des marseillais. En bref, pour mettre en difficulté les Parisiens, il faut leur rentrer dedans.

 

Mentalement, ça coince

Verratti après la déroute du Camp Nou

Mais alors comment se fait-il que rien n’ait changé durant l’intersaison ? Outre les problèmes tactiques, techniques ou physiques, il semble que la faille principale des parisiens soit mentale. Et ce n’est pas pour rien si le PSG version QSI n’a jamais passé les quarts de finale de la Champion’s League. Même sous l’ère Laurent Blanc, on peut évoquer les matchs retours contre City et Chelsea. Etihad Stadium, 12 avril 2016. 6 jours plus tôt, le match aller au Parc s’est soldé par un 2-2. Pour la première fois depuis l’arrivée des Qataris, le PSG hérite d’un adversaire qui parait à son niveau en quart. Ce n’est ni le Barca, ni Chelsea, vainqueur de la Ligue Europa la saison précédente. Cependant, au bout, le résultat est le même : élimination. Le PSG et son 3-5-2 inédit sortent de la compétition d’une manière insipide. Dans le deuxième cas, les Parisiens arrivent à Stamford Bridge le 8 avril 2014 avec un avantage de 2 buts après une grosse prestation au match aller. Résultat du match ? 2-0 pour Chelsea et les Anglais filent en demi-finale. Excès de confiance ? Mauvaise préparation du match ? En tout cas, les ouailles d’Unai Emery ne savent toujours pas gérer les grands rendez-vous. Le 14 février dernier, ils surclassent (4-0) un Barça apathique. A partir de là, difficile d’imaginer que moins d’un mois plus tard, au Camp Nou, les Barcelonais l’emporteront 6-1 face à une équipe Parisienne effrayée, qui s’est retrouvée à défendre ses cages dès le coup d’envoi, sans aucune réaction. Le contexte particulier autour de la rencontre met bien en évidence le problème psychologique des parisiens.

Au cours d’une saison pas aussi rayonnante que celles qui précédaient, les Parisiens réussissent l’exploit de gifler le Barça. Mais alors comment aborder le match retour ? Pendant trois semaines, tout y est passé : l’annonce de la démission de Luis Enrique à la fin de la saison, la remise en question du collectif Barcelonais, le pari de Neymar et même les dimensions de la pelouse du Camp Nou. En Espagne, les médias n’avaient qu’un mot à la bouche : « remontada ». Personne ne sait comment a été préparé le match au sein du club Parisien mais une chose est sûre, le terrain nous a fourni des éléments de réponse accablants. Incapables de ressortir proprement le ballon, étouffés par le fameux pressing Barcelonais, les Parisiens se sont même permis de gâcher un face à face avec Ter Stegen, à la 85eme minute, alors que le Barca menait 3-1. Se faire éliminer de cette façon, c’est une faute professionnelle, tout comme prendre 3 buts en 7 minutes. A ce PSG là, il a manqué des mecs capables de se révolter, de faire remonter le bloc, de s’affirmer, de mettre le pied, de faire relever la tête à ses coéquipiers. En gros, un leader mental quoi. Bref, un été a passé et Dani Alves, Neymar et Mbappé sont arrivés. 2 phénomènes absolus et un mec qui a tout gagné qui a ce profil de leader mental. On se dit alors que le naufrage du Camp Nou a mis un énorme coup aux décideurs Parisiens et qu’ils ne souhaitent plus être la risée de l’Europe du Football. En Ligue 1, tout roule, les Parisiens enchainent les victoires en empilant les buts. Tout ne pouvant pas être parfait, ils ont été, quelques fois, en dessous de ce qui peut être considéré comme leur niveau habituel (contre Lyon, Montpellier ou encore Marseille). Puis vinrent les deux défaites. Dont une contre le Bayern. Premier du groupe avec trois points d’avance, le PSG était assuré de garder sa place sauf en cas de défaite par plus de quatre buts d’écart. Cette configuration rappelle étrangement celle du match retour contre le FC Barcelone la saison dernière. Grosse différence, une déroute face au Bayern n’était pas synonyme d’élimination. Les Parisiens sont aussi arrivés avec un avantage et ont, aussi, mal géré leur match. Ils ont, aussi, laissé l’impression d’être submergé et de ne pas pouvoir réagir. A la différence du match au Camp Nou, ils ont essayé, se sont procuré plusieurs occasions. Mais ils ont semblé fébrile et pouvant craquer à tout moment. 10 mois plus tard, le mal semble être le même. Face à un club historiquement supérieur, le PSG n’a pas semblé être en mesure de pouvoir s’affirmer en tant que nouvelle puissance du Football Européen, malgré la prestation du match aller.

 

L’attaque qui doit mener le PSG vers les sommets

 

Les coachs changent, les joueurs passent mais les maux de l’équipe du Paris Saint Germain sont récurrents. Lorsqu’il s’agit d’aller jouer des matchs bourbier, les remplaçants ne sont parfois pas au niveau. Et lorsqu’il faut aller s’affirmer sur le terrain d’un grand d’Europe, c’est dans la tête que ça coince. Mais il ne faut pas se tromper, le début de saison du PSG est très performant. Et c’est la conséquence immédiate de l’effervescence autour du club après 2 défaites de suite. Plus le niveau affiché est haut, plus les exigences sont hautes. Cette équipe qui empile les buts et les victoires depuis le début de saison n’a que très peu (si ce n’est pas du tout) le droit à l’erreur. Cependant, cette équipe ne semble pas avoir gommé ses défauts au fil des années. Il faudrait changer la mentalité, maintenir l’exigence de performance, savoir affronter, yeux dans les yeux, la tête haute, un grand club Européen sur son terrain, se poser en tant que nouveau club fort du panorama footballistique européen. En bref, devenir un grand club.

 

Share Button

Laisser un commentaire