Le mystérieux « Grand joueur »

 

Est-il possible de se faire siffler après avoir mis 3 buts et délivré 2 passes décisives lors d’un même match ? Eh bien oui, demandez à Neymar. Cependant, est-ce que son palmarès, ses exploits au Brésil et en Espagne et ses performances avec le Paris Saint Germain auraient pu être suffisants pour lui éviter ces sifflets ? En d’autres termes, est-ce que Neymar est-il un assez grand joueur pour éviter qu’on le siffle ? Mais alors qu’est-ce qu’un grand joueur de Football ? Essayons de comprendre. Portrait-robot

 

Des grandes performances…

Un grand joueur, il se révèle d’abord sur le terrain. C’est donc un joueur fort, très fort. Mais des joueurs forts, il y en a pléthore. Il faut donc que le « grand joueur » se démarque des autres. Son niveau doit être supérieur à celui des bons joueurs. Ses performances doivent être hors du commun. On parle donc d’un joueur aux performances spéciales. Mais il ne suffit pas de mettre un quadruplé lors de la 32e journée de Ligue 2 pour être considéré comme un « grand joueur ». Les performances, elles doivent être pondues, aussi et surtout, lorsque ça compte. C’est bien d’aligner les performances en championnat, c’est mieux d’être aussi présent en quart de finale de Champion’s League. Le « grand joueur » sait (et doit) être bon contre Brighton, Chelsea, Ludogorets et le Real Madrid. Un « grand joueur » ça se reconnait notamment à sa présence lors des grands rendez-vous. Il est là quand il faut, quand c’est sérieux.  Il doit faire gagner des titres à son équipe et donc, gagner des titres. Parce que, oui, qu’on le veuille ou non, le palmarès participe grandement à la postérité. Champion’s League et Coupe du Monde semblent être les deux trophées majeurs. Mais gagner ne suffit pas. Il faut prendre part à la victoire, être un élément essentiel, si ce n’est le rouage indispensable. Le « grand joueur » doit donc être un acteur majeur lors des grands succès de son équipe. De plus, les performances du « grand joueur » se doivent d’être régulières. Régulières non pas sur une saison, mais sur plusieurs années.

Sur le long terme.

De trop nombreux joueurs ont été performants sur un, cinq, dix matchs ou sur toute une saison entière pour, finalement, ne jamais confirmer. Ces joueurs ont certes atteint, pendant une période plus ou moins longue, un niveau élevé mais il semble que lors de cette période, ils surperformaient. Prenons l’exemple de Jamie Vardy. Grand artisan du titre de Leicester lors de la saison 2015-2016, il marque 24 buts en 36 matchs. La saison suivante, 13 buts en 35 matchs. On peut légitimement se demander si Vardy était à son vrai niveau lorsque Leicester a gagné le titre. Et cette grosse saison de Vardy ne fait pas de lui un « grand joueur ». C’est ainsi qu’il faut une certaine longévité dans la performance. Le « grand joueur » côtoie le très haut niveau pendant un long moment. Il est moins aisé d’y rester que d’y parvenir. Il s’agit donc, dans un premier temps, d’aligner les bonnes performances et, ensuite, de rester à ce niveau pendant un certain temps. Mbappé, tout talentueux qu’il soit, aussi décisif qu’il fut en Champion’s League, ne peut pas, pour le moment, être considéré comme un « grand joueur » du fait de son jeune âge et donc de son faible temps passé au haut niveau.
Le « grand joueur » doit donc sans cesse justifier son statut. Cela passe par des grands matchs lors des grands rendez-vous, il doit savoir se montrer décisif et rester à ce niveau durant une longue période. Cependant, cela entraine autour de lui un certain paradoxe.

Le paradoxal « grand joueur »

En effet, il y a, au dessus du « grand joueur », un incessant paradoxe qui plane. Si son équipe gagne et qu’il est décisif, tout va bien, évidemment. Mais lorsque son équipe perd, il est décrié car il n’est pas capable de faire gagner son équipe. Et lorsque son équipe gagne sans qu’il ne soit décisif, « s’ils peuvent gagner sans lui, c’est qu’il n’est pas indispensable ». Mais il faut savoir ne pas tomber dans la caricature de la performance. Un « grand joueur » ne peut pas être bon et faire gagner son équipe pendant 60 matchs par saison. Il a aussi des moments de méforme, des trous d’air, des matchs où il sera mauvais, sans pour autant qu’il ne devienne un autre joueur. Et un joueur bon dans les grands matchs mais qui est nonchalant et ne voit pas l’intérêt d’aligner une grande performance lors des matchs un peu moins important peut-il être considéré comme un « grand joueur » ? C’est tout le paradoxe qui entoure cette dénomination, cette qualification. Le problème, c’est qu’en nous habituant à aligner les performances de hautes volées pendant de longs moments, on devient de plus en plus exigeant envers lui et on ne lui tolère que très peu de baisse de régime.

Un   « grand joueur », c’est compliqué à définir. On a essayé de rassembler tous les ingrédients nécessaires pour établir la bonne recette. Mais alors, actuellement, qui peut être classé dans cette caste ? Il semble qu’il y en a deux qui sont incontestables : Messi et Cristiano Ronaldo. Il marche sur le Football depuis plus de 10 ans, collectionnent les trophées collectifs et individuels et enchainent, d’année en année les grandes performances. Ils sont au dessus du lot. Puis il y a Buffon et Iniesta. Ils ne marquent pas 50 buts par saison mais leur influence ne peut être discuté. Buffon n’a certes pas gagné la Champion’s League, mais il a une Coupe du Monde à son actif. De plus, on ne reste pas si longtemps au haut niveau sans en avoir le niveau. Ramos aussi peut être considéré comme un grand joueur. Neuer ? Piqué ? En bref, il est très difficile de faire l’unanimité. Si vous souhaitez en discuter, on attend vos réactions sur Twitter ou dans les commentaires.

With Ibrahim. G

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